Le calame des lutins, des elfes et des fées

Le calame des lutins, des elfes et des fées

Des chemins de traverse - Prologue-chapitre 3 - suite

Suite du chapitre 3 du Prologue, mêmes personnages, toujours à l'orée nord de la forêt de Brocéliande, au sud de Saint-Malon-sur-Mel, le 15 août 1928. Méli-mélo et tempête sous la tête d’un adolescent (maelström initiatique pour l’ensemble de la trilogie "Bérécyntia" dont "Des chemins de traverse" est le premier volume) :

 

La Fontaine de Jouvence (suite)

 

Sitôt la messe terminée, ils partirent d’un bon pied, prenant tout d’abord la route qui menait au Buisson et tournant rapidement à droite sur le chemin qui serpentait à travers champs et vergers en direction de leur destination.

 

« Tu sais quelle fête nous célébrons aujourd’hui, demanda le grand-père.

— Oui, c’est l’Assomption !

— Et tu sais ce que cela signifie ?

— Ben, c’est la montée au ciel de la Sainte Vierge…

— Et alors ? Tu peux m’en dire un peu plus ?

— J’sais pas trop, je ne sais pas qui croire entre le curé et mon ancien maître d’école ; et au collège, on ne parle pas de tout ça. J’ai envie de croire que c’est vrai, car j’ai pas envie que tu sois mort, et en même temps je me dis que c’est bien facile, que c’est une invention pour éviter de penser à la mort.

— Ça, c’est un autre sujet : tu peux te poser la même question au sujet de la résurrection de Jésus. Ce qui rend particulier le cas de Marie, c’est qu’elle est une femme et je ne peux m’empêcher de penser que sa montée au ciel signifie une sorte de déification.

— De quoi ?

— Excuse-moi, je vais trop vite… Tu as entendu parler de Brigit ?

— Sainte Brigitte ?

— Oui et non. Tu te rappelles ce que je te disais, l’autre fois, à la fontaine des Landelles : tout le monde récupère tout, légendes, mythes, histoires vraies ou supposées vraies, dieux, déesses… pour ses propres croyances. Le frère de ma grand-mère dont je t’ai déjà parlé, resté vieux garçon, était un berger lui aussi, un peu poète et troubadour ; c’est lui qui m’a appris à fabriquer une trompe à partir de la corne d’un bélier. Il m’a raconté que les Gaulois vénéraient une déesse qui était tout à la fois — tiens-toi bien — mère, sœur et fille des autres dieux, la Mère Nature disait-il souvent. Elle s’appelait Bérécyntia, ou Brigantia, selon les pays. Durant les soirées où l’on cardait la laine pour ensuite fabriquer matelas et couvertures, j’ai appris beaucoup de choses par mon grand-oncle. Il avait l’art de raconter et savait habilement mélanger le vrai, le plausible, les histoires de lutins, de fées et autres elfes, la magie, les divinités, la religion. Il nous avait raconté que Bérécyntia était en fait Brigit, la déesse des Celtes en Irlande. Et tu sais bien que nos ancêtres, les Armoricains, étaient des Celtes. Ici, en pays gallo, on dit Brjitt.

— Et la Sainte Vierge dans tout ça ?

— J’y viens, mais laisse-moi continuer sur Brjitt : après l’invasion de la religion catholique dans nos pays, il y a très longtemps, bien après l’invasion romaine de Jules César, les druides, qui étaient les curés d’alors, comme qui dirait les curés des Celtes, gardèrent toute leur influence. Quand les moines irlandais, des Celtes eux aussi, mais chrétiens, sont venus installer leurs monastères en Armorique, ils ont aidé les druides à intégrer leurs croyances et coutumes dans la religion catholique. Mon grand-oncle affirmait que Sainte Brigitte était en fait la déesse mère Bérécyntia, avec une croix sur la poitrine ! Encore une fois, je ne sais pas si tout ce qu’il nous disait est vrai, mais cela me séduit beaucoup ! »

 

Le grand-père se tut un long moment, comme s’il voulait préparer la suite. Il continuait à marcher d’un pas tranquille et bien rythmé, tout en frappant le sol de sa gaule fermement tenue dans sa main droite et en balançant amplement sa large paume gauche. Sa respiration était souvent sifflante et il s’arrêtait parfois pour se racler la gorge et cracher dans son grand mouchoir. Gouéno n’osait répéter sa question sur la Vierge. En attendant, il avait de quoi réfléchir. Tout tourbillonnait dans sa tête et il était heureux de cette pause.

 

Ils cheminèrent ainsi, silencieusement. La chaleur commençait à bien se faire sentir. « Pourvu qu’on s’arrête à la fontaine des Landelles pour me rafraîchir un peu ! » pensa Gouéno.

« Je te retourne ta question, Gouéno : à ton avis, quel lien avec la Sainte Vierge ?

— Tu ne vas pas quand même me dire qu’elle s’appelait Brigitte ?

— Pas exactement, puisqu’elle s’appelait Marie. Mais, pour que tu comprennes bien ce que je vais te dire, je vais revenir à Ève, la femme d’Adam.

— Attends, j’y comprends plus rien : tu me poses une question sur l’Assomption, tu me parles de déification, c’est bien ça ? Puis tu parles de Brigitte et maintenant d’Ève !

— Oui, tu as raison de m’interrompre, ce n’est pas très clair. Mais tu vas voir, il y a un lien assez étroit entre toutes ces femmes. Tu as dû apprendre au catéchisme qu’Adam et Ève sont nos ancêtres communs : Ève serait la mère de l’humanité, c’est du moins ce que disent nos curés, c’est ce qu’ils lisent dans la Bible. Donc, si je les comprends bien, Ève est la déesse mère ! Mais ça, les curés ne peuvent pas le dire, car ils croient en un seul dieu. Alors moi, je le dis : tu te rappelles qu’Ève, avec Adam, a mangé le fruit défendu, celui qui donnait l’accès à la connaissance du bien et du mal. Eh bien, grâce à ce fruit, grâce à l’audace qu’elle a eue de manger le fruit défendu, elle est devenue pleinement déesse, car elle savait, à l’égal de Dieu !

« C’est pour ça qu’ils ont été chassés du paradis… C’est LA faute, ce que ton curé appelle le péché originel : chercher à savoir, à l’égal de Dieu, ce qui revient à être Dieu à l’égal de Dieu ! Entre nous, heureusement qu’elle l’a mangé et donné à manger, ce fruit défendu : elle est devenue la mère du Savoir, de la connaissance du bien et du mal et, grâce à elle, nous pouvons en profiter, nous pouvons continuer à chercher à comprendre, à savoir ! »

 

Gouéno découvrait un autre visage de son grand-père, un visage passionné, rebelle, souvent déconcertant, parfois rigolo, un nouveau visage qui faisait sourdre en lui une brûlante soif de comprendre.

« Ève a enfanté Caïn le jaloux puis Abel le doux ; et Caïn a tué Abel. Le jaloux a tué le doux. Le mal a tué le bien.

Marie a enfanté Jésus et les pharisiens ont fait exécuter Jésus. Là encore, le mal a tué le bien.

Mais il y a une énorme différence : Jésus est ressuscité, le bien triomphe du mal. C’est le message de l’Église catholique. Marie est bien la nouvelle Ève, celle qui enfante le vainqueur du mal, celle qui enfante la nouvelle humanité, celle qui enfante Dieu : tu vois maintenant le lien entre Ève et Marie.

Et, pour en revenir à l’Assomption que nous fêtons aujourd’hui, Marie, en montant au ciel, est établie comme la déesse mère, comme Brjitt-Bérécyntia ! Depuis longtemps, vraiment longtemps, je m’intéresse au brassage des idées, des croyances, des religions et, pour arriver à réaliser une quelconque fusion, il faut s’y préparer ! Malheureusement, la haine, l’exclusion, le mépris, filles et fils de l’ignorance, prennent le pas sur la tolérance, l’ouverture, la compréhension, comme au temps des guerres de religion.

— Attends, je ne comprends rien à ce que tu dis sur les religions et la fusion : tout se mélange dans ma tête !

— Excuse-moi ! Je vais essayer de t’expliquer tout ça différemment : tu as d’un côté les croyants, ceux qu’on appelle les ratichons et, de l’autre côté, les non-croyants, ceux qu’on appelle les laïcards. Nous assistons à une véritable guerre entre ces deux catégories, chacune étant persuadée de détenir La Vérité : le libre penseur affirme que tout dans la religion est superstition, impossible rêve, totale illusion, tandis que le croyant clame être le seul à détenir la vérité, celle de Dieu. Comprends-tu ce que je veux dire ?

— C’est drôle, j’ai l’impression que tu décris, avec tes mots savants, ce qui tourneboule dans ma tête depuis que tu as commencé à me raconter tout ce qu’il y a dans la tienne ! C’est comme un combat entre mon ancien Maître et mon Curé !

— Bien vu ! Tu comprendras de mieux en mieux et, surtout, tu arriveras à construire ta propre opinion : garde ça en tête, Gouéno, et continuons sur ce chemin.

— On peut s’arrêter à la fontaine des Landelles ? demanda le garçon. J’ai très soif !

— Bien sûr, nous nous y arrêterons. Mais laisse-moi te parler d’autre chose avant qu’on y arrive. Je t’ai dit tout à l’heure que Jésus, par sa résurrection, avait vaincu le mal, devenant ainsi le nouvel Adam. Il n’avait pas attendu d’être crucifié puis ressuscité pour vaincre le mal, ou du moins certaines manifestations du mal. Autrefois, avant les grandes découvertes de la science, on croyait que la maladie était liée au péché. Jésus pensait de même et, par les guérisons qu’il obtenait, montrait qu’il purifiait du mal.

— C’est bien ce qu’on appelle des miracles ?

— Oui, c’est ce que déclare l’Église catholique. Mais j’ai une autre explication. Juste un exemple : je reste fasciné par une de ses guérisons. D’après l’évangile, un lépreux, et la lèpre est une très sale maladie contagieuse, un lépreux donc s’est approché de Jésus en lui demandant de le purifier. Jésus a étendu sa main, l’a touché et lui a dit : “va, sois purifié !” et l’homme est parti, guéri. Eh bien, moi, je relie ce geste aux vibrations dont je t’ai parlé : Jésus était un homme qui possédait une énergie extraordinaire, il était toujours en étroite communion avec la nature ; il est entré en vibration avec ce malade, ce qui a permis au lépreux de rétablir ses propres bons équilibres énergétiques et de chasser ainsi sa maladie.

— Ça me rappelle ce que tu me disais sur la médecine en Chine !

— Oui, moi aussi ; c’est quand même dommage de ne pas avoir revu ce jésuite, j’ai la certitude qu’il m’aurait expliqué bien des choses… Mais revenons à la guérison faite par Jésus : il a donc établi un échange vibratoire avec le malade, comme font les rebouteux, tu sais, ceux qui soignent les rhumatismes, les torticolis et autres. Mais personne ne m’enlèvera de l’idée que c’est d’abord le malade qui apprend à se guérir, parce qu’il y croit, parce que, par sa confiance, il réussit à faire en sorte que cette bonne énergie circule à nouveau correctement. »

 

Le grand-père se tut un moment, laissant son esprit vagabonder sur ses souvenirs. Puis il reprit, après avoir poussé un profond soupir :

« Je pense de plus en plus que tout est une question d’énergie et de vibrations, quoi qu’en pensent les rationalistes, quoi qu’en pensent les curés ! Et je vais te faire toucher du doigt ce qui m’amène à y croire. Tu m’avais demandé, petit curieux aux yeux fouineurs, à quoi servaient les baguettes que j’ai dans mon bissac. Eh bien, c’est ce que nous allons voir ! »

 

 

Ils venaient d’arriver à la fontaine des Landelles. Gouéno se précipita pour s’inonder le visage et la nuque de cette eau limpide et fraîche et, se servant de ses mains, but à longs traits. De son côté, le grand-père s’offrit une bonne goulée de son breuvage préféré et sortit de sa besace les fameuses baguettes. La chaleur était devenue tout à fait supportable, à l’ombre du sous-bois. Tout à la démonstration qui allait se dérouler, ils ne remarquèrent pas les légères ondulations qui animaient le tapis de vieilles feuilles mortes entre les racines du grand chêne. Ils dédaignèrent même de saluer ce prince de la forêt qui semblait les observer d’un œil narquois.

 

« Vois-tu, c’est constitué de deux baguettes de coudrier (c’est l’autre nom du noisetier) dont j’ai réuni deux extrémités avec un fil de chanvre bien serré. Avant, je coupais une branche de coudrier qui formait un Y : deux branchettes partant de la même branche. Mais ça s’est souvent arraché. J’ai donc fabriqué ce système qui me va bien.

« Maintenant, viens devant moi, retourne-toi et colle ton dos à ma poitrine. Positionne tes deux mains comme si tu tenais un ballon : les paumes se font vis-à-vis, comme ça, et les doigts pointent vers le ciel, comme si tu allais t’emparer d’un ballon. Tu attrapes la baguette de gauche par la main gauche, celle de droite par la main droite. Tu tiens assez fermement l’ensemble à l’horizontale, le nœud de chanvre pointé vers l’avant. Puis tu tournes progressivement tes deux mains, dans l’axe de tes avant-bras tout en maintenant le nœud de chanvre vers l’avant et de telle sorte que les baguettes restent horizontales ; comme ceci, ajouta-t-il en accompagnant les mouvements de son petit-fils. »

 

Quand Gouéno fut prêt, tenant bien solidement les baguettes, Antouènn enveloppa chacune des mains du garçon dans chacune de ses larges paumes et le poussa doucement, mais fermement vers la fontaine. Ils longèrent le cours d’eau qui s’en échappait puis entreprirent de contourner le petit bassin. Gouéno était profondément bouleversé par ce bizarre attelage empreint d’une grande force tout à la fois tendre, sereine et complice. Soudain et tout en continuant à progresser, le jeune garçon sentit l’extrémité nouée des baguettes se dresser vers le ciel.

« Laisse-toi complètement aller ; il n’y a aucun danger. Je maintiens un effort juste suffisant pour que les baguettes ne s’arrachent pas de nos mains. Tu sens bien que cette force, qui les tire vers le haut, vers le ciel, ne vient pas de mes mains ?

— Oui, je le sens surtout au niveau des petits doigts. J’ai l’impression qu’ils vont partir avec les baguettes !

— Et est-ce que tu sens autre chose ?

— Ça me picote un tout petit peu, dans les mains, à l’intérieur.

— Et maintenant ? demanda le grand-père en continuant à avancer.

— Ah, c’est fini !

— En fait, nous venons de passer au-dessus de la petite rivière souterraine qui alimente la fontaine. »

 

Antouènn reprit les baguettes des mains de son petit-fils.

« C’est terminé pour ici. J’ai souhaité te soumettre à ce phénomène pour que tu puisses pleinement vivre ce qui va se dérouler chez Jôzé. Viens, nous repartons pour la Sangle, en passant par le Tombeau de Merlin, qui se situe à 300 mètres d’ici, environ.

— Le Merlin de Lancelot et de la Table Ronde ?

— Tout à fait ! Mais attention, il s’agit là encore d’une histoire “retravaillée”. Comme je te l’ai déjà dit, les moines irlandais avaient récupéré les croyances druidiques pour les mélanger aux croyances chrétiennes. Cette récupération allait même beaucoup plus loin, car ils ont purement et simplement “baptisé” les dieux et déesses celtiques : pense à Brjitt, qui est devenue Sainte Brigitte ! Et ce n’est qu’un exemple !

« Tu vas me dire que cela se faisait autrefois, il y a très longtemps, tout au début du Moyen Âge et que, maintenant, c’est fini, plus personne ne fait ce genre de mélange. Hé bien, tu as faux : il y a à peu près cent ans, un drôle de bonhomme, juriste de son état et dont je ne me souviens plus du nom, avait établi que les héros de la Table Ronde étaient d’authentiques Celtes et que certains vivaient en forêt de Brocéliande.

« Ainsi de Merlin et de Viviane. Il a affirmé que cette forêt de Brocéliande était l’actuelle forêt de Paimpont. Il a appuyé ses dires sur la présence des amas rocheux, les mégalithes : il croyait, comme tous ses contemporains, que ces constructions étranges et fantastiques avaient été érigées par les Celtes. On sait aujourd’hui que ces ensembles datent de la préhistoire, quelques milliers d’années auparavant !

— Mais les chevaliers de la Table Ronde étaient bien des chrétiens ?

— D’après ce juriste, l’histoire des chevaliers de la Table ronde aurait été écrite vers la fin du Moyen Âge par un certain Chrétien de Troyes. Ce juriste — ah oui, je me rappelle tout à coup qu’il s’appelait Poignant — affirmait que les héros du roi Arthur étaient en fait de vrais Celtes et Merlin un vrai druide ! Ils auraient été récupérés par Chrétien de Troyes pour en faire de belles figures chrétiennes.

« Mais Poignant, lui-même, a fait pareillement en baptisant les mégalithes à l’eau de la religion celte et en inventant les lieux tels que le tombeau de Merlin, la Fontaine de Jouvence (la Fontaine des Landelles que nous venons de quitter), le Val sans Retour et autres sites que tu apprendras à connaître.

— Ça y est, je suis encore perdu ! Qu’est-ce qu’il faut croire ?

— Il ne FAUT rien croire : il ne s’agit pas de devoir croire. De mes longues balades dans la nature, de mon tête-à-tête permanent avec mes bêtes, avec le soleil, la lune et les étoiles, avec les arbres et les fougères, la bruyère et les ajoncs, les rapaces et les hirondelles, les écureuils et les renards, avec toutes les vibrations de l’univers, j’ai peu à peu retiré la conviction qu’il est de notre destinée de chercher à savoir, à comprendre, de casser nos ongles sur les parois trop lisses des dogmes, de nous cogner contre les murs des certitudes, des convenances. J’ai peu à peu appris à reconnaître et à apprivoiser ce reptile fluide, silencieux et malin qu’est le Doute et tous les jours que Dieu fait je rends grâce à Ève de nous avoir ouvert en grand les portes de l’aventure vers la Connaissance…

 

Et à mon avis, si le serpent lui pique le talon, c’est pour qu’elle ne s’endorme pas en chemin ! » ajouta-t-il avec un large sourire. Ils étaient parvenus entre-temps à l’endroit où devait reposer le grand magicien, à jamais effacé du regard des hommes par la magie de son amante, la fée Viviane. Au pied d’un bouleau gisaient trois grosses pierres plates fichées sur leur tranche et formant une espèce d’abri. Le schiste pourpré, marbré de vieux lichens, contribuait à entretenir une sensation de mystère et d’intimité.

 

Tandis que son grand-père déambulait d’un pas incertain et les bras ballants tout autour du « monument », Gouéno laissa vagabonder son imagination.

 

 

Le bouleau était devenu un gigantesque menhir et Gouéno se tenait là-haut, debout au sommet du menhir, entre ciel et terre, les bras en croix. De sa bouche légèrement ouverte sortait une étrange mélodie, aux couleurs d’une vieille vèze, comme celle que son grand-père gardait précieusement dans sa chambre ; il accompagnait ainsi le duo d’amour chanté par la resplendissante Viviane et le grand Merlin, à l’abri de leurs pierres, chant d’espérance, encens de tendresse, parfum de douce énergie, à destination de l’univers, capté et envoyé vers la nature et tous les êtres vivants par les bras du nouveau druide…

 

 

Mais seuls quelques oiseaux piaillaient à l’abri des feuilles… et Antouènn arracha brusquement son petit-fils à sa rêverie : « Il est temps de partir, nous risquons d’être en retard. Je t’expliquerai au retour ce qu’il en est de ce lieu. »

 

Ils quittèrent rapidement ce site un peu magique et le bruissement de leurs pas étouffa une sorte de rire léger et cristallin.



30/12/2020
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