Le calame des lutins, des elfes et des fées

Le calame des lutins, des elfes et des fées

Brouillards

 

 

Il est des brouillards gris

ceux de tous les jours

ceux qui étouffent l’amour

 

 

Il est des brouillards blancs

ceux qui effacent tout

ceux sur qui flotte tout

sans couleur

sans odeur

sans ancrage

sans bruit

dans la nuit

ceux dans qui se perd tout

 

 

 

Il est un brouillard tout noir

 

 

 

Il est des brouillards verdâtres

ceux dans lesquels on se baigne

par volupté

par nécessité

par lâcheté

ceux dans lesquels on enrobe les autres

par volupté

par nécessité

par lâcheté

les brouillards du mensonge



 

Il est enfin des brouillards bleus

Ils sont derrière les autres brouillards

ou devant, là, tout près

Ils déchirent les autres brouillards



Ils dévoilent le bleu intense d’un ciel

tout propre, tout neuf

dans lequel brille enfin le soleil

qui réveille les couleurs et les odeurs

mélodie brûlante et apaisante

 

 

Toi

enfin dévêtue des brouillards quotidiens

Toi

nue et belle

dans la lumière dorée du matin

Toi

calme et sereine

transfigurée par l’amour



Toi

faite Femme



Toi

La Femme.

 

 

Michel de la Tharonne

31 décembre 1987


12/02/2020
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"Dès lors qu'échoit le soir..."

Hier, 1er février 2020, les giboulées de mars (!) giflaient avec ardeur mes carreaux, inlassablement, sans répit, flux incessant des malheurs du monde, famine, sécheresse, incendies, inondations, peuples déplacés de ne pouvoir vivre, rejetés par l’impuissance au faîte du pouvoir, au faîte de tous les pouvoirs, par mon impuissance.

 

Une trouée…

 

Vite l’astre solaire dardait sa sensualité pour le bien-être et la douceur d’une violette, à peine éclose, dont les délicats effluves cherchaient à briser la glace de la vitre.

 

Je lisais, je feuilletais, je respirais, je dégustais ce merveilleux recueil de poèmes « Dès lors qu’échoit le soir » de Michèle Appert Brodowicz (Editions Libre2lire).

 

Et, de quelques mots malhabiles, j’ai prononcé l’union de deux poèmes, unis pour l’éternité, en face à face, page 38 et page 39 :

 

Je serai… nous serons

d’une exquise esquisse

caressés sous l’ardente musique des mots

que les feuilles jaunes balaient patiemment

et chantent peu à peu l’évanescence de nos maux.


02/02/2020
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Ce sans quoi je ne peux vivre ...

 

La tendresse, la tendresse

 



Le flux de la tendresse qui étreint

tous les châteaux de sable

de tous les enfants du monde



Le reflux de la tendresse enivré de

tous les châteaux de sable

de tous les enfants du monde



La tendresse qui efface

une à une

toutes les blessures du sable



La tendresse qui illumine

tous les grains de sable

d’une tempête apaisée.

 

 

Michel de la Tharonne

20 octobre 2016


02/02/2020
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Un amour grand-paternel :

Julie

 

 

 

Belle et sensuelle

         délicate, infiniment délicate

        désirable, infiniment désirable

        tendre, infiniment tendre

 

        et gracieuse

                  joliment gracieuse

                 timidement gracieuse

                doucement gracieuse

 

 

 

Illuminant un visage tout en finesse, tout en équilibre, un regard clair et chatoyant

      exhale une mélodie flûtée tantôt sucrée

                                              tantôt acide

     laisse s’échapper le sourire et la colère, le baiser et la moue

     invite à écouter sa propre mélodie

                grave ou légère,

               enjouée ou triste,

               attentive ou fermée

 

 

 

Le regard clair et chatoyant

fouille avec tendresse, avec délicatesse, avec intelligence

l’autre mélodie de l’autre regard

le regard de l’autre

et incite cet autre regard à murmurer ses joies et ses tristesses, ses doutes et ses certitudes

muette cantilène empreinte de douceur, de complicité, de sérénité.

 

 

Michel de la Tharonne

21 Octobre 2015


31/01/2020
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Exaspération... et désirs

 

 

Tout ce que je découvre, tout ce que je pressens, tout ce que j’embrasse d’une étreinte avide et jamais rassasiée,

tout ce après quoi je marche, cours, m’envole,

tout ce dans quoi je m’enfonce

avec une jouissance totale, une excitation dantesque, une exaltation presque schizophrénique…

 

c’est effectivement déconcertant, déstabilisant.

 

Je me sens totalement submergé par la réflexion à mener, par les connaissances à accumuler, dépassé, noyé, impuissant.

 

Désarmé !

 

J’ai une envie irrépressible de satisfaire des besoins simplement et violemment primaires, la base de la pyramide : bouffer, boire, fumer, baiser, chevaucher un monstre à deux roues, gueuler, hurler.

 

Je rêve de grands espaces, soleils, vents, pluies, neiges, aurores, crépuscules, embruns, glaciers, parois, forêts, prairies de buffles, nager avec les cachalots et les sardines, les baleines et les saumons, voler avec les balbuzards, les aigles, les vautours.

 

Je rêve de devenir une abeille, un serpent, un rouge-gorge, un écureuil, un ours polaire, un loup dans sa meute au coeur de la Sologne enfin libérée,

 

de n’être rien et tout,

 

de naître à nouveau, de mourir pour renaître,

 

de chanter Mahler et Beethoven et le Stabat Mater de Dvorak,

de jouer la première suite pour violoncelle seul de Bach et les Nocturnes de Chopin,

de diriger Dorilla in Tempe de Vivaldi et le Chant des esprits sur les eaux de Schubert,

 

de participer au montage d’un opéra, du début jusqu’à la première,

 

de vagabonder à moto sur les routes du Massif Central...

 

Je veux écrire, je veux réussir à mener jusqu’à son terme ce grand projet littéraire qu’est la Double révolte de Prométhée, je sais tout ce qu’il y a à dire, tout ce dont j’ai eu l’intuition et qui s’est trouvé confirmé par des lectures, des spectacles, des rencontres.

 

Je veux écrire et je n’y arrive pas, englué que je suis dans mes faiblesses, mes besoins d’être rassuré, conforté, épaulé.

 

Tout est trop confus dans ma tête, dans mon corps.

Les intuitions sont là, brûlantes, violentes presque. Et la structuration intellectuelle n’y est pas ou pas suffisamment : pas de réel référent philosophique, pas de réel référent littéraire.

Trop à lire, à découvrir, à approfondir, trop de pistes différentes qui s’imbriquent les unes dans les autres, qui se fécondent, qui se rejettent pour mieux s’épouser et enfanter.

Enfanter, c’est que je souhaite, c’est ce que je veux.



Et j’ai peur de ne pas avoir le temps d’enfanter, de devoir enfouir cette ébullition tout au fond du congélateur de l’impuissance, de l’oubli, de la mort.

 

La tâche est immense…

 

écrit le 28 novembre 2019


29/01/2020
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